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Du scénariste/réalisateur Sean Durkin et avec Zac Efron, Jeremy Allen White, Harris Dickinson, Maura Tierney, Stanley Simons, avec Holt McCallany et Lily James.

THE IRON CLAW – Dans les salles du monde entier le 22 décembre.

RÉALISATEUR : Sean Durkin
AVEC : Zac Efron, Jeremy Allen White, Harris Dickinson, Maura Tierney, Stanley Simons,
Holt McCallany, Lily James

Ayant exploré les genres les plus divers (l’horreur avec Midsommar, la comédie d’action avec Everything Evrywhere All At Once ou encore le drame avec The Whale), A24 s’attaque au biopic familial : avec Iron Claw, nous rentrons dans l’intimité de la famille Von Erich, célèbre lignée de catcheurs des années 80. Le studio américain continue d’années en années de nous étonner avec des productions toujours plus éclectiques. 
 
Si le public français connaît peu l’univers du catch, Iron Claw met en lumière la mentalité de l’Amérique de Carter : l’esprit yes-man jusqu’au-boutiste, ici incarné par une fratrie gérée par un père obsédé par la compétition (Holt MacCallany, Mindhunters), qui n’hésite pas à émettre un classement entre ses fils, du meilleur au plus décevant. Des fils qui ne refusent jamais rien aux exigences du père, sourires Colgate et muscles saillants de jour comme de nuit, et ne se permettent jamais le moindre écart (sauf peut-être sur la boisson, les stéroïdes et l’abus de cris de primates). Étouffés par la recherche de performance, ils sont finalement très peu adaptés à la vie en société, uniquement retranchés à l’entraînement et le spectacle qu’ils donnent sur le ring. En cela, outre un excès de muscles lisses et des slips à paillettes, la fratrie nous touche par l’aveuglement qu’elle subit au quotidien. 
 
À travers le portrait de cette famille texane accro à la testostérone, nous assistons à ce que l’Amérique fait de meilleur (et de pire) : du show, du business et du bruit. Pour le spectateur français, et plus largement européen, cela interpelle, choque, fait rire et consterne parfois… Il est par ailleurs souvent difficile de se positionner : sommes-nous dans la grotesque caricature d’une Amérique engluée dans sa positivité malsaine et son rapport parfois trop facile à Dieu (dès qu’il y a problème, on fait appel à Lui). Au contraire, est-ce une présentation avérée d’un monde trop sûr de lui-même se contentant de répéter les schémas : virilité, compétitivité et victoires coûte que coûte ? 
 
Mais là où Iron Claw se démarque des sempiternelles films sur le sport et le dépassement de soi, c’est que de success story familiale, nous tombons peu à peu (sans spoiler) dans l’effroi du film de malédiction : tout revient au père qui a choisi le patronyme Von Erich au lieu d’un autre, selon lui source de ses malheurs et défaites. Cette saga fraternelle, sous la coupe de ce père qui refuse de voir le mal-être autour de lui, se termine en un puissant drame psychologique. 
 
Concluant sur la prise de conscience de l’aîné, Kevin (Zac Efron, méconnaissable après des entraînements intensifs et une chirurgie quelque peu surprenante), se permet pour la première fois de pleurer – le père ayant évidemment interdit toute émotion « fragile » malgré les tempêtes que la famille subit. Cependant, cette transformation intervient peut-être un peu trop tard, dans les derniers quarts d’heures d’un film qui nous a abreuvé de scènes grandiloquentes, parfois too-much tant catch et années 80 façonnent un cocktail de kitsch et de surjeu. 
 
Ainsi, de film de grand spectacle, parfois caricatural tant ces années sont à la fois sans limites et géniales, Iron Claw explore les méandres de la masculinité toxique, parfois bénéfiques pour relever les challenges mais toujours dévastatrices lorsqu’on ne sait pas s’arrêter. 
Quoiqu’il en soit, catch ou pas, A24 et la réalisation parfaite de Sean Durkins (The Nest) ont su relever le défi de faire un film esthétique et touchant sur un univers qui a souvent donné vie aux pires productions audiovisuelles… 
 
Par Antoine Rouit Lorvin

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